Togo / La conservation des produits agricoles : un secteur embryonnaire à promouvoir

Chaque année des milliers de fruits et légumes sont déversés sur le marché de la consommation locale. Mais, l’abondance de ces produits saisonniers nécessite un mécanisme de conservation fiable.

Des tomates en décomposition, éparpillées ici et là, la scène semble insoutenable mais sa récurrence la rend normale. Il est de coutume qu’à chaque saison, mangues, bananes, papayes, tomates et piments… se décomposent en quantité considérable dans les marchés ainsi que dans les plantations. Pire, certaines récoltes n’atteignent pas les consommateurs avant leur décomposition. Ce gaspillage des denrées alimentaires constitue des pertes considérables pour l’agriculteur mais aussi compromet les chances d’une auto-suffisance alimentaire.

L’épineuse question de la conservation revient sur toutes les lèvres mais une réponse fiable et sérieuse au problème reste d’actualité. Au Togo, les mécanismes de conservation agricole sont pour la plupart traditionnels. Mais, on assiste ces dernières années à un début d’efforts de transformation. Des entrepreneurs locaux transforment la tomate en purée, l’ananas en jus, en confiture ou encore en ananas séché. L’arrivée de la noix de palme congelée, de la farine de maïs et des boissons locales sous forme industrialisée sur le marché est salutaire. Bien que le marché de transformation vienne apporter un début de solution, le chantier de la conservation reste immense et regorge de nombreux atouts.

Notons qu’un tiers de la nourriture produite dans le monde est jetée ou perdue. Cela ne garantit guère une alimentation durable aux générations futures. Pour Kossi, cultivateur des produits maraîchers à Aného, l’expérience est amère : “ Il arrive parfois que je n’arrive pas à écouler mes stocks de laitues, ce qui fait que j’assiste sans force à la décomposition de mes récoltes. C’est une grande perte après tant d’efforts. Mais vu qu’on n’a pas de chambre froide pour la conservation que faire’’. En 2013, selon Dédé Ekoué, ministre d’alors de l’Environnement et des Ressources Forestières, 40% de la production agricole sont perdues alors que l’agriculture demeure le secteur clé de l’économie du Togo (35 à 40%).

Pour aller vers une autosuffisance alimentaire, l’agro-transformation doit prendre une envolée. Ceci, grâce aux investissements étrangers et nationaux capables de booster le secteur.

Edy ALLEY

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